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Bloom, "Les jeunes, victimes ou complices des réseaux sociaux ?" (TRIBUNE)

Publié par
Céline Pastezeur
, le .
Mis à jour le .
Temps de lecture : ~ 5 min
Bloom, "Les jeunes, victimes ou complices des réseaux sociaux ?" (TRIBUNE)

Pour mieux comprendre ce que font réellement les 15-30 ans sur les réseaux sociaux et savoir ce qui les engage vraiment, découvrez les conclusions d'une enquête menée par Bloom, plateforme de Social Media Intelligence.

On le sait, en cette année 2021, les jeunes sont connectés en permanence, ou presque. À tel point, en fait, qu'on estime que la vie sur les écrans est parfois plus importante que la vie réelle pour certains ! Pour mieux comprendre ce que fait réellement la jeune génération en ligne, Bloom, plateforme de Social Media Intelligence et détecteur de tendances et d’opinions sur les réseaux sociaux, dévoile les résultats d’une nouvelle étude sur l’usage véritable des réseaux sociaux par les jeunes français entre 15 et 30 ans et les contenus qu’ils consomment, que ce soit sur Instagram, leur appli préférée, ou encore sur TikTok, Snapchat et compagnie...

Bloom, "Les jeunes, victimes ou complices des réseaux sociaux ?" (TRIBUNE)
Crédit : Getty

En observant les différentes communautés actives, Bloom a constaté que les jeunes sont loin d’être des victimes du système : ils en connaissent parfaitement les rouages et savent comment l’exploiter pour gagner de l’argent, accorder des bouts de leur personnalité ou même de leur physique, tout en gardant conscience de l’environnement global dans lequel ils se trouvent. La culture, les relations sociales et la quête du bonheur sont des contenus largement plébiscités.

UNE GESTION PARFAITEMENT MAITRISEE, DES RESEAUX A USAGES DIFFERENTS

Vulnérables les jeunes sur les réseaux sociaux ? Il n’en est rien ! Conscients de leurs dérives et dangers, les jeunes générations des 15/30 ans les exploitent en miroir à l’instar de parfaits entrepreneurs et jonglent souvent avec plusieurs comptes pour promouvoir leurs contenus. Si Instagram est plutôt orienté sur la culture et l’inspiration, Twitter est utilisé pour capter les followers et les renvoyer ensuite sur leurs autres plateformes telles que Tiktok, Twitch et OnlyFans. Twitter est également le relais d’incitations et de photos pornographiques. Les citations inspirantes, les bons mots et les punchlines sont également largement usités. A l’instar de Twitch, OnlyFans attire les jeunes car il est une source de revenus faciles : ils y monnayent leur image plus ou moins dénudée comme le font les stars mais de manière parfaitement maitrisée. En règle générale, les jeunes maitrisent leur image qu’ils dévoilent de manière consentie mais en toute sécurité dans leur sphère privée. La cyber-intimidation et le harcèlement font partie de leur environnement et les jeunes s’y sont habitués en l’intégrant dans leurs usages et consommation.

LEVIERS DE DISCUSSION : LES RELATIONS SOCIALES, LA LECTURE, LE MILITANTISME ET LA RECHERCHE DU BONHEUR & DES RENCONTRES

Les relations sociales sont au cœur des conversations qui sont très émotionnelles (277 000 acteurs actifs en ont parlé sur la période). L’amour et l’amitié, valeurs refuges durant la pandémie sont des moyens de faire face aux grands changement induits par le coronavirus. Pour la plupart d’entre eux, leurs besoins ne différent pas des autres générations. Une partie de la jeunesse aspire à avoir une famille heureuse, une bonne santé, un travail stable et un toit. Le besoin de sécurité reste un invariant. L’engagement sur cette thématique est néanmoins faible (14 engagements par posts) car elle discutée en grande partie par des acteurs à faible influence.

Le sujet global de culture est un thème très puissant qui concentre une grande partie des échanges des 15-30 ans (375 000 acteurs actifs) et toutes les catégories d’âge. Au regard du ratio d’engagement - les commentaires comptant plus que des simples likes - la thématique qui se distingue est la littérature. La lecture est un vecteur fort de lien social catalysé par le contexte pandémique : les jeunes partagent leurs goûts notamment sur Instagram et Twitter et on assiste au fort développement de clubs de lecture virtuels. Les hashtags #jeudilecture #bookreview #bookclub #clubdelecture #lectricecompulsive, #livreaddict, #bookaddict, #bookworm, #passionlivre émergent. Des influenceurs venus d’autres communautés (sport, fitness, food…) s’emparent du sujet en l’associant particulièrement à sa dimension bien-être, ce qui développe les engagements. La lecture devient également une preuve et une affirmation de ses opinions : féminisme, actualité, politique, soutien des libraires etc. Phénomène pop culture toujours d’actualité : Harry Potter est largement discuté par son impact sur de nombreuses générations de lecteurs et non-lecteurs qui en parlent avec nostalgie. Des citations, incantations, punchlines humoristiques en référence aux personnages et à l’univers Harry Potter sont partagées et plusieurs critiques sont émises sur l’autrice JK Rowling (transphobie).

Il n’y a pas de communauté autour du bien-être et du bonheur mais le sujet passionne, génère beaucoup d’émotions auprès des 15-30 ans (60% des actions) et montre néanmoins un engagement très élevé (37 engagements par post). Plusieurs mantra sont partagés sur le bonheur et de nombreuses activités y sont associées : cuisine, lire, regarder la TV, faire du sport etc. Les jeunes se questionnent sur la capacité à être heureux tout seul notamment durant la période du confinement. L’épanouissement personnel, les pensées positives et la spiritualité sont discutées dans de nombreux contenus. La bienveillance avec soi-même et les autres, est un objectif à atteindre. Cela semble être une tendance forte que ce soit dans le cadre de la parentalité mais aussi dans tous les aspects de la vie (le sport, le rapport au corps etc.).

L’apprentissage digital du débat politique au lycée se poursuit et s’affine dans les études supérieures.

Les lycéens échangent, communiquent de manière très engagée sur les sujets politiques tandis que du côté des étudiants ce sont les sujets autour de la religion et des croyances qui fédèrent. La notion de « racisme systémique » est au cœur des débats : le sujet du racisme au sein du gouvernement et de ses représentants (les forces de police) est débattu par les jeunes notamment à la sortie de l’ouvrage de Valentin Gendrot « Flic ». D’autres contenus dénoncent le racisme présent dans de multiples corps de métiers (ex : médical). La dénonciation du racisme systémique au sein des forces de l’ordre et dans d’autres secteurs fait réagir la jeunesse, qui s’indigne ou se questionne sur l’amélioration de ces situations et incite les gens à s’instruire sur le sujet en partageant des prises de parole d’experts. On voit de nombreux rassemblement avec une convergence des luttes anticapitaliste, antisexiste, validiste, raciste etc. Néanmoins, on note aussi de grandes divisions au sein des mouvements militants et de grands questionnements sur les pratiques, leurs dérives, leurs impacts : call-out versus call-in, cancel culture etc. Les jeunes utilisent de nombreux mèmes pour aborder certains sujets politiques en lien avec les enseignants : remaniement ministériel, impact des décisions gouvernementales sur le corps enseignant etc. De multiples contenus partagent des situations vécues et espèrent déclencher des prises de conscience collectives.

Le thème de l’éducation intéresse et engage (99 000 acteurs actifs) et des communautés se créent autour du sujet. Les étudiants partagent des anecdotes sur les profs pour dénoncer certains comportements ou injustices mais aussi pour faire rire leur communauté. Certains messages positifs sont des remerciements au corps enseignant ou des témoignages empreints de nostalgie (ex : #merciprof, #lesprofsdemavie). La reconnaissance des élèves et de leurs accomplissements sont des sujets abordés à plusieurs reprises : réussite d’un diplôme ou accès à un emploi malgré ou grâce à un enseignant, reconnaissance du genre sexuel des élèves transgenres par leurs professeurs etc.

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