Emploi : Les stéréotypes pèsent (encore et toujours) sur les choix d'orientation des jeunes

Filles et garçons ressentent une pression de la part de leurs parents, comme de la société et des entreprises...
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La rentrée, c’est l’heure des choix pour les jeunes. Des choix qu’ils sont de plus en plus libres de faire, avec de nombreuses carrières différentes à portée de main. Pourtant, une étude du cabinet Just Different vient de montrer que les clichés et les stéréotypes différenciant garçons et filles continuent à mener la vie dure aux jeunes. Décryptage par ici.

Il y a quelques jours, Air of melty vous annonçait que l’engagement civique était au cœur des attentes professionnelles de la génération Y. Les jeunes, garçons comme filles, donnent une importance de plus en plus forte aux actions menées pour la bonne cause. En cela, il n’existe pas de différence de genre. Mais, au quotidien, les choses sont bien plus complexes. Les clichés et les stéréotypes autour du sexe et du genre continueraient, selon une étude du cabinet Just Different, à mener la vie dure aux jeunes. Le cabinet d’étude a interrogé 700 personnes en ligne pour connaître leur avis sur le poids des stéréotypes dans les choix d’orientation. Et force est de constater que la plupart des gens (84%) admettent l’existence d’une influence des stéréotypes sur les choix de carrière des jeunes, qui les cantonnent dans des rôles sexués stéréotypés. A ce jeu-là, garçons et filles sont au moins logés à la même enseigne : 60% des sondés jugent identiques pour les deux sexes. "Les stéréotypes concernent tout le monde" et "il y a autant de stéréotypes dans la tête des femmes que dans celle des hommes" résument les répondants. Sans grande surprise, selon les sondés, bien des acteurs, incluant les parents, la société et les entreprises, contribuent à la diffusion de ces stéréotypes qui conduisent les filles vers des carrières littéraires et sociales tandis que les garçons s’orientent davantage vers l’ingénierie et les métiers physiques.

"Si nous voulons progresser, nous devons tous entamer un travail individuel et collectif de déconstruction des stéréotypes", analyse Pete Stone, directeur du cabinet Just Different. "Mais il faut rester vigilant, car rien de ce qui est acquis n’est garanti pour toujours. Il faut surtout faire attention à la manière dont nous expliquons et nous essayons de déconstruire les stéréotypes, afin de ne pas les creuser davantage et risquer de générer un phénomène de rejet". Plutôt que de déconstruire, il est surtout important, pour la grande majorité des sondés de l’enquête, de sensibiliser sur les stéréotypes pour assurer le libre choix des individus. Mais, évidemment, cela prendra du temps…

En mai dernier, nous vous avions dévoilé les résultats d’une étude inédite menée par l’institut Digital Insighters, qui avait alors appliqué les Big Data au domaine RH, en s’intéressant aux étudiants et aux jeunes diplômés face à la recherche de stage et d’emploi sur Internet. Là encore, l’étude pointait de grandes différences entre jeunes hommes et jeunes femmes, avec des attentes encore clairement liées aux stéréotypes. Ainsi, par exemple, 90% des mentions de la thématique carrière provenaient des hommes. Pour l’institut, ces chiffres prouvaient que les jeunes hommes "apparaissent plus ambitieux, plus carriéristes. Ils sont davantage préoccupés par le statut cadre et la taille de l’entreprise". Aux femmes de devenir ambitieuses également, si on leur laisse davantage de liberté de choix !

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