Cyril Zimmermann, "Les Millenials sont plus pragmatiques et acceptent sans problème le tracking sous certaines conditions" (EXCLU)

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Miser sur la géolocalisation pour toucher la jeune génération, une bonne idée ? Complètement, à en croire Cyril Zimmermann, CEO d'AdUX et expert en la matière, qui a accepté de répondre à nos questions dans le cadre de l'interview de la semaine.

Au quotidien, la rédaction d'Air of melty vous parle des grandes tendances marketing qui marquent l'actualité et qui font preuve d'efficacité pour toucher les Millennials. Après vous avoir parlé de l'essor de l'audio digital en cette année 2018 et après vous avoir parlé en long et en large de la puissance du marketing d'influence, nous voulions aujourd'hui nous intéresser à une autre tendance, à savoir celle du marketing misant sur la géolocation. Cyril Zimmermann, CEO d'AdUX et expert en la matière, a accepté de répondre à nos questions à ce sujet.

-Air of melty : Pouvez-vous présenter Blis et Admoove, et comment ils ont vu le jour ?

Cyril Zimmermann, CEO d'AdUX : Blis est le pionnier mondial des technologies de données de géolocalisation. Il a formé un partenariat en 2017 avec AdMoove, le leader spécialiste de l'intelligence média et de la data géolocalisée sur les marchés français et belge. Ce partenariat permettra à AdMoove de déployer les technologies de localisation avancées de Blis sur ces nouveaux marchés européens, en ajoutant de nouvelles fonctionnalités à leur technologie de géolocalisation, ce qui leur permettra d'offrir une plus grande gamme de fonctionnalités à leur nombreux clients français et belges. Admoove a été créé en 2012 et a rejoint le groupe AdUX en 2015 pour intégrer la division Drive to Store du Groupe.

-Air of melty : Quels sont les mythes concernant la géolocalisation auxquels vous souhaitez mettre fin ?

C.Z : Le géomarketing ne peut aujourd'hui pas se faire au prix d'une intrusion trop forte dans la vie privée des utilisateurs. Le RGDP nous le rappelle mais c'est avant tout une affaire de bon sens. On ne peut pas multiplier les collectes de données intrusives. Avec Blis, nous nous rejoignons sur la priorité à l'affinage, l'analyse des données existantes pour le meilleur ciblage possible, plutôt que de rajouter de nouvelles contraintes et un nouveau tracking à l'utilisateur. Le deuxième élément est que s'il est nécessaire de savoir cibler géographiquement les utilisateurs, il reste essentiel de commencer par bien qualifier la position géographique des magasins qu'on souhaite les inciter à visiter. Cela semble évident mais beaucoup des bases de coordonnées géographiques des points de vente utilisées sur le marché publicitaire sont fausses ou imprécises.

-Air of melty : De manière générale, comment diriez-vous que les Millennials se sentent par rapport à la géolocalisation ? L'acceptent-ils avec enthousiasme ou y sont-ils réticents ?

C.Z : Je ne pense pas qu'on puisse parler d'enthousiasme quand on parle de collecter ou d'analyser des données personnelles. Quand on y réfléchit à titre individuel, on se pose tous la question de savoir si c est bien normal et si on doit accepter cela. En général, on le tolère. Les millenials sont plus pragmatiques et acceptent sans problème ce tracking si d'une part, cela ne perturbe pas leur expérience utilisateur et, d'autre part, si cela leur apporte quelque chose (personnalisation d'un service, contenu plus adapté etc...). Il sont ensuite confiants sur le fait qu'ils peuvent changer leurs profils ou disparaître, et rendre ainsi les données inutilisables ou dépassées s'ils le souhaitaient ! C est sur ce dernier point que les Millenials différent des autres publics. Les publics moins jeunes se reposent sur les pouvoirs publics pour encadrer ce qui est fait de leurs données.

-Air of melty : Pouvez-vous nous donner quelques exemples de stratégie marketing misant bien sur la géolocation ?

C.Z : Nous pensons que toute campagne publicitaire de branding digital, TV, radio, presse devrait comprendre un volet de géo marketing online. Toutes les marques et toutes les offres de services se font distribuer dans des points de vente physiques ou proposent des points de rencontre physiques. Même dans l'e-commerce, avec les points de dépose de colis. Nous avons des outils de géomarketing et de drive to store fantastiques et performants, il ne faut pas que les marques ou que les distributeurs passent à côté de l'opportunité de leur utilisation.

Air of melty : Quels sont vos conseils pour les entreprises cherchant à miser sur une stratégie de géolocalisation ?

C.Z : Définissez correctement votre zone de chalandise. Voyez si elle doit être mesurée en terme isométrique ou isochrone. Comparez le profil de vos consommateurs avec le profil de ceux que nous allez trouver dans la zone de chalandise ou de proximité immédiate. Ceci pour vérifier que vous y trouvez bien vos clients, sinon élargissez la zone. Prenez garde a ce que vos campagnes et vos ciblages ne soient pas trop intrusives et ne se retournent pas contre vous.

-Air of melty : À l'inverse, quelles sont les pratiques à éviter ?

C.Z : Ne pas favoriser une technologie qui permettrait un ciblage ultime sans avoir vérifié que son utilisation ne comporte pas de risque d'image de marque pour vous. N'oubliez pas que le ciblage géographique doit être croisé avec du ciblage socio démographique

-Air of melty : Quelles pourraient être les prochaines étapes en matière de marketing géolocalisé ?

C.Z : Nous cherchons a développer un standard de la mesure de l'efficacité du géo-marketing online. Nous travaillons sur des méthodologies de mesure de l'impact des campagnes de marketing géo ciblées sur les ventes en magasin. Il faudra arriver à une approche commune de tous les acteurs pour que le marché se développe au mieux.

Crédit : CheckPoint Messenger