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Safer Internet Day, "Parler à longueur de journée des risques et des dérives aux jeunes ne marche pas" (REPORTAGE)

Publié par
Céline Pastezeur
, le .
Mis à jour le .
Temps de lecture : ~ 3 min
Safer Internet Day, "Parler à longueur de journée des risques et des dérives aux jeunes ne marche pas" (REPORTAGE)

À l'occasion du Safer Internet Day, qui se déroulera le 9 février prochain, la rédaction d'Air of melty a assisté à une table ronde organisée par TikTok et l'association e-Enfance s'intéressant à l'impact de la Covid-19 sur les comportements numériques des jeunes.

À l'occasion du Safer Internet Day, qui se déroulera le 9 février prochain, la rédaction d'Air of melty a assisté à une table ronde s'intéressant à l'impact de la Covid-19 sur les comportements numériques des jeunes. À l'heure où les déviances en ligne se multiplient, comment s'assurer que les plateformes en ligne restent des espaces sûrs et de résilience collective pour les plus jeunes ? C'est à cette question qu'ont tenté de répondre Justine Atlan, Directrice générale de l’Association e-Enfance, Vanessa Lalo, Psychologue clinicienne spécialisée dans les pratiques numériques, Sarah Khémis, Responsable Relations Institutionnelles et Affaires Publiques France de TikTok, et Corentin Colin, un créateur TikTok. À l'heure où TikTok est sous pression pour protéger davantage ses jeunes utilisateurs, Justine Atlan a dans un premier temps expliqué que, avec le premier confinement, les pratiques numériques des jeunes ont explosé. "Ils ont passé plus de temps à regarder des vidéos, à faire des recherches pour les cours, à s'envoyer des messages. Le digital leur a permis de conserver un lien social même si impossible en présentiel, il était important qu'ils continuent de trouver des groupes où ils pouvaient se retrouver". Et, pour la professionnelle, c'est une certitude, "on ne reviendra pas au monde d'avant. Les usages numériques se sont durablement installés : les comportements excessifs demeurent". Des comportements excessifs qui passent par quelques mauvais moments en ligne, avec des comportements haineux et des pratiques déviantes comme le chantage ou le revenge porn qui se sont fait remarqués.

Safer Internet Day, "Parler à longueur de journée des risques et des dérives aux jeunes ne marche pas" (REPORTAGE)
Crédit : Getty

Pour Vanessa Lalo, "parler à longueur de journée des risques et des dérives aux jeunes ne marche pas. Ils ont surtout besoin de conseils pratiques, d'accompagnement. Il faut favoriser le dialogue et miser sur un discours positif et bienveillant". Il faut faire en sorte que parents et enfants se rapprochent autour du numérique, en partageant des bons moments ensemble sur les réseaux sociaux. Un point de vue partagé par Corentin Colin, jeune TikTokeur. "Les parents doivent s'intéresser et trouver un point commun avec leurs adolescents sur le numérique, trouver un intérêt commun pour qu'il y ait un réel partage. Il faudrait aussi plus d'éducation à l'école. Enfin, aux créateurs de montrer l'exemple pour que le message de prévention passe beaucoup mieux auprès de la jeune génération : si un créateur qu'on apprécie et qu'on respecte nous transmet un message, on sera beaucoup plus enclins à l'écouter et à le prendre en compte". Pour Justine Atlan, ce qui importe avant tout, c'est que "les enfants soient autonomes sur les réseaux sociaux, en étant responsables. On apprend à un enfant à marcher et ensuite on le lâche, cela vaut pour les réseaux sociaux également".

Tous les professionnels intervenant lors de cette table-ronde étaient d'éccord sur un point : les déviances qui se déroulent en ligne sont des comportements humains, des choses qui arrivent dans la vraie vie aussi mais qui se déplacent sur les réseaux sociaux. Pour autant, cela ne veut pas dire que ces comportements sont acceptés, bien au contraire. D'ailleurs, comme l'a expliqué Sarah Khémis, responsable Relations institutionnelles et affaires publiques TikTok France, "assurer un service sécurisé et bienveillant, c'est la priorité chez TikTok, pour que chacun puisse s'exprimer en toute spontanéité". Pour ce faire, le réseau social applique un code de règles de bonne conduite à respecter - appliquées par la modération - avec plus de 100 millions de contenus qui ont ainsi été supprimés entre janvier et juin 2020 au niveau mondial, dont 96% avant qu'ils ne soient signalés par les utilisateurs. Cela représente 1% des contenus partagés sur l'application. En marge de cela, la sécurité sur TikTok passe aussi par des partenariats, notamment avec e-enfance. Pour 2021, TikTok prévoit de sensibiliser sa communauté particulièrement sur la question des anti-vaccins, en donnant la parole aux scientifiques et aux experts pour sensibiliser sur les fausses informations médicales. Et pour l'avenir, Justine Atlan estime que l'on aura affaire à une "génération plus exigeante mais certainement plus responsable sur les réseaux sociaux".

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